Bon Iver, alias Justin Vernon.
Tous droits réservés Le magicien de la néo-folk américaine a comblé les attentes en cl?ture du premier Pitchfork festival parisienCe samedi 29 octobre à la Grande Halle de La Villette, il a aussi tordu le cou à quelques idées re?ues sur son compte.
Bon Iver a surtout surpris, mais dans les meilleurs termes.
D’abord, son image de solitaire dans une cabane au fond des bois, née de son premier album "For Emma forever ago", en prend un coup : Justin Vernon est loin d’être seul, puisqu’il appara?t entouré de huit autres musiciens, dont plusieurs violons et guitares et une impressionnante section d' instruments à vent (trombone à coulisse, clarinette, trompette et un curieux instrument qui rappelle un saxophone géant).
Très vite, on comprend que ces musiciens, souvent multi-instrumentistes (violon-guitare et cuivre-claviers notamment), sont de vraies pointures (extraordinaire solo en apesanteur du violoniste sur "Hinnom", notamment).
Une complexité somptueusement ma?trisée
Seconde surprise, corollaire de la première : l'apparente simplicité et le dépouillement? de la musique de Bon Iver sont un leurre. Sur scène, la complexité géniale de son second album ("Bon Iver"), sorti en juin,? saute aux oreilles. Il faut une sacrée ma?trise pour orchestrer pareilles harmonies subtilement? tordues à neuf musiciens et organiser la fluidité de l’évidence avec une telle l’abondance de détails.
Parallèlement, l’autre image, celle du chantre de la néo-folk un peu ramollo en prend elle aussi pour son grade. Exceptées quelques brèves plages acoustiques (dont ? Skinny Love ? extrait du premier album, où les musiciens lachent leurs instruments et le laissent seul à la guitare en claquant des doigts dans son dos), ce concert était très, voire parfois même sauvagement,? électrique.? Et ce, sans jamais se départir de la grace et de la fragilité inscrits dans l'ADN de Bon Iver.
Une voix angélique mais pas de grand messe
Justin Vernon, sa voix pure et son falsetto angélique,? aura aussi réussi contre toute attente à éviter l’écueil de la grand messe et d’un concert cathédrale. Face à une audience pétrie d’admiration et composée d’étrangers pour moitié (beaucoup d'Américains), il a plaisanté entre les morceaux et répondu du tac aux tac aux déclarations d’amour, désamor?ant? toute distance hautaine,? dynamitant? le piédestal.
Au rappel, invité à chanter à l’unisson, le public ne s’est pas fait prier. Les langues et les poumons se sont alors déliés : chacun a enfin osé articuler quelques bribes de paroles de ces chansons cryptées, délibérément? écrites dans un vocabulaire extra-terrestre où la sonorité compte davantage? que le sens. Personne n’a jamais réussi à comprendre les textes de Bon Iver mais le sentiment? et les climats, sur scène comme sur disque, sont résolument tout puissants. Ils ont l'intensité d'une prière.
Le premier festival?Pitchfork à Paris, qui a fait le plein et a réjoui ses organisateurs, reviendra l’an prochain, peut-être un peu plus t?t, dès la fin septembre. Et sera réparti sur plusieurs scènes au lieu d’une. C’est en tout cas le souhait de Ryan Schreiber, fondateur du site Pitchfork.com.
Lire aussi:
>>?La magie Bon Iver confirmée au second album
>>?Pitchfork lance son festival à Paris
>>?Pour le fondateur de Pitchfork, le temps est venu de groupes plus engagés
没有评论:
发表评论